Une autre histoire

Une autre histoire












[NdA: un peu plus long que d'habitude]





[Sur l'absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
]












Une autre histoire


Assis dans un coin de cette pièce sombre et triste, il ruminait. Son sourire, son regard, toutes ces choses qu'il ne dédiait qu'à lui. Tous ces gestes attentionnés qui ne valaient désormais plus rien. Il avait froid. Il tremblait même. Et pourtant, nous étions en juin. En réalité cela ne voulait rien dire, faisait-il froid dehors ? Qui sait. Peut-être que oui, peut-être que non, cela faisait longtemps qu'il n'était pas sorti. Il irait demander aux autres plus tard. Pour l'instant, il réfléchissait. Il se disait que le passé était du passé et que par conséquent, il ne regrettait rien. Regretter disaient les autres, c'et pour les tapettes ! Alors rien ne sert de regretter petit, mais souviens-toi et n'oublie pas.
Midi. Il se leva un tantinet à contre c½ur, et alla voir ce qu'il avait à manger. De l'eau, du pain et un petit quelque chose qui devait être le plat principal. Toujours pareil. Le même plat fade de jour en jour accentuant ce sentiment d'ennui et cette monotonie. Il retourna à sa place, dans l'ombre de cette pièce dont les murs suintaient encore du désespoir de ses derniers occupants.
Soudain, une larme roula sur sa joue. Traîtresse ! Il ne voilait pas avoir à faire à elle. Elle étais la preuve qu'il allait mal. Il l'essuya rapidement. Pourquoi était-elle apparue ? Pourquoi maintenant ? Aujourd'hui ? Tout ceci aurait été si simple s'il n'y avait pas pensé. Cela faisait deux mois. Deus mois entiers à ruminer dans cette cage humide empêchant quiconque de sourire.
Des bruits de pas. Ils se rapprochent et résonnent dans ce silence lugubre où paradoxalement tout le monde cri sa peine. Cela faisait longtemps. Si longtemps qu'il ne se souvenait pas de sa dernière visite. Il essayait de se souvenir quand une partie de son visage apparut au coin du mur.
« Bonjours Tom. » dit le jeune garçon qui venait d'arriver. Il ne répondit pas et fixa le sol.
« Je suis venu te rendre visite parce que ça faisait déjà un moment qu'on ne s'était pas vu », rajouta-t-il. Ledit Tom ne faisait toujours aucun geste. Il continua alors :
« Tu sais je m'inquiétait pour toi, du coup je suis venu...En plus, j'ai une bonne nouvelle ou du moins, une autre alternative possible... »
Tom releva les yeux. Aucun signe d'étonnement ne paraissait sur son visage, en un mois, toute forme d'humanité avait disparu chez lui. Il avait été un jeune homme passionné et heureux et il était maintenant passé à l'état de pantin inanimé impossible d'apprécier la vie.
« Ca te réjouis si peu ? Tu pourrais montrer un peu plus d'enthousiasme, non ? » Le jeune homme était exaspéré par l'attitude de Tom. Il savait tout ce qu'il endurait mais il ne se faisait pas à l'idée que son petit Tom soit devenu un simple morceau de chair sans joie de vivre.
« En fait, tu ne réagis pas parce que tu es triste de quitter tes amis d'ici pas vrai ? Tu préfèrerais rester là toute ta vie avec ces gens si gentils plutôt qu'avec moi, n'est-ce pas ?
-C'est faux ! cria Tom enfin
-Alors pourquoi ? Je fais tout pour toi, pour t'aider et toi tu ne montres aucun signe de gratitude ! Tu veux que j'abandonne c'est ça ? C'est quoi ton problème ? » Il était hors de lui, lui qui ne criait jamais, lui d'ordinaire si calme et posé, il ne supportait plus cette situation.
Cependant, il vit le visage de Tom se contracter. Ses sourcils se froncèrent et l'homme en face de lui regretta déjà ces paroles. Tom regarda à droite et à gauche plusieurs fois comme pour observer cet endroit qu'il connaissait pourtant si bien. Le jeune garçon ouvrit la bouche pour parler mais Tom lui coupa la parole.
« C'est quoi mon problème, hein ? C'est quoi cette question pourrie ? Ca se voit pas assez ? Tu veux que je te ré explique pour voir ? Je suis coincé ici depuis deux mois déjà, je meurs à petit feu mais personne ne s'en soucie ...
-Et moi ?
-Toi tu n'es là que pour me dire des trucs du genre « bonne nouvelle, j'ai trouvé une solution » mais je suis encore là vois-tu ?
-... »
Tom retourna dans un coin sombre de la pièce, il ne voulait plus avoir à faire à lui.
« Vas-t-en ! Je veux plus te voir, pas avant un moment.
-Mais...
-Laisse-moi.
-Je...je suis désolé. » rajouta-t-il quand même.
Il commença à partir quand il se souvint :
« J'essayerai que cette fois-ci ça marche, Tom »
Tom se retourna et le regarda partir.
[...]
Plus le temps passait, plus Tom se disait qu'il ne viendrait vraiment plus. Il avait été dur et il s'en voulait. Il continuait d'encaisser journée sur journée et survivait comme il pouvait. C'était pire que d'habitude, un mois avait passé et Tom avait l'impression qu'il avait duré une année entière. C'était plus facile quand on était soutenu, il s'était trompé, ce garçon avait été le seul à le soutenir tout ce temps et sans lui, il était perdu, il lui manquait énormément. Il regrettait vraiment ce qu'il avait dit.
Comme pour répondre à cet appel silencieux, des bruits de pas résonnèrent dans le couloir. Il revenait enfin. Ils étaient désormais face à face.
« Coucou » Son ton avait été comme d'habitude, comme s'il ne s'était rien passé.
« On ne t'a pas prévenu ? » Tom fronça les sourcils. Le jeune homme sourit.
« Tu sors, j'ai réussit, j'ai fait comme tu voulait malgré mon envie de te voir, je suis pas venu et j'ai tout fait pour que ça marche et...j'espère que tu m'en veux plus maintenant »
Tom ne savait pas quoi dire. Depuis son arrivée il avait comme si c'était lui le coupable et de cette manière il ne se sentait pas rongé par cette injustice et maintenant, maintenant il allait pouvoir voir la lumière du soleil...
Tom regarda le jeune homme, son avocat et son jumeau, le seul être au monde qui le comprenait. Le seul qui l'aidait. Le seul qu'il aimait et qui l'aimait.
[...]
Tom peinait à marcher, l'excitation le faisait trembler. Il sortit de l'ombre du hall et il réalisa qu'il se retrouvait à l'air libre. Il regardait les oiseaux voltiger et les feuilles des arbres s'agiter avec le vent. Alors c'était ça, la liberté.
Le jeune garçon interpella Tom :
« Dis lui au revoir correctement
-T'as raison Bill »
Alors Tom pris la main dudit Bill et cria à plein poumon :
« Maintenant que j'suis dehors, je peux enfin vivre, vas te faire foutre saleté de prison !! »
Cela lui avait fait du bien et seul Bill avait plus l'entendre.
Ils partirent main dans la main.
Désormais, une autre histoire allait pouvoir commencer.

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# Posté le mardi 22 avril 2008 13:41