Et jamais plus...
Il pleuvait.
Pourquoi faut-il toujours qu'il pleuve lorsque les gens sont tristes ?
Car oui, Tom était triste. Là, déambulant dans des rues qui lui étaient inconnues, il était triste.
Pourtant Dieu sait qu'il connaissait la ville par coeur. Mais plus rien n'avait d'importance, alors évidemment, le nom des rues, il l'avait oublié.
"Hey, jeune homme, pourquoi regrettes-tu ?"
Il continuait à marcher.
Passant devant les bars où les hommes soûls amusaient quelques clients et repoussaient les autres.
Passant devant ces âmes joyeuses et innocentes qu'étaient les enfants.
Il restait imperturbable. Impossible à divertir, trop occupé à verser maintes larmes sur ses quelques souvenirs.
"Toi l'adolescent ! Que t'arrive-t-il pour que tu aies la mine si basse ?"
Il s'arrêta un instant, releva la tête et fronça les sourcils. Il observa le tableau qui s'offrait à lui.
Le léger vent caressait son visage trop mouillé. Son visage d'ange blessé par son démon intérieur. Un démon infernal bercé par les doux sanglots du jeune homme. Un démon qu'il avait trop voulu enfouir, mais qui désormais avait réussit à s'échapper.
"Jeune enfant, pourquoi tant de larmes abiment ton beau visage ?"
Il continua son voyage comme pour éviter une réalité qui était belle et bien là.
Il avait osé. Il avait eu l'audace de toucher au fruit défendu si tentant mais il s'était brûlé. Et la rougeur apparue sur son coeur ne pourrait se soigner.
Mais il allait en redemander. Effleurer le plaisir comme si sa vie en dépendait.
Et sa vie en dépendait.
Il allait en mourir et il le savait. Ils le savaient.
Mais le bonheur était si grand et eux si naïfs.
Il en voulait. Encore une fois. Une dernière fois.
Son paradis artificiel à lui.
"Gamin, qui y a-t-il ? Tu pleures ?"
Il releva les yeux.
Il y avait des voitures et des passants. Des chiens et des parapluies.
Tout était normal. Sauf lui.
Et il l'aperçut. Il était là. Au bout de la rue se tenant droit.
Les joues mouillées. Il pleurait. Ou n'était-ce que la pluie ?
Tom rejoint son frère, son démon.
Et ils se prirent dans les bras. Et leurs lèvres reprirent leur place sur celles de leur double.
Et jamais plus ils ne se quitteront.
Et ils en mouront...
